C’est en général un point sur lequel les végétariens sont attendus au détour ; vous aurez beau expliquer que vous êtes végétarien par compassion envers les animaux, par éthique, et être à milles lieues de la pensée nazie… Il y aura toujours, forcément, quelqu’un pour vous rappeler qu’Hitler, lui aussi, était végétarien !
Eh bien non !
Il est temps de “clouer le bec” (expression si peu végane !) aux mauvaises langues. Tout d’abord, il semble peu probable que l’homme responsable du plus grand massacre humain connu, en ait eu quelque chose à cirer de la cause des animaux. Mais laissons plutôt parler les faits…
Hitler avait pour habitude d’avilir ses ennemis en les traitant de “sales chiens”, “gorets”, “animaux”, vivant dans des “porcheries”… De toute évidence, ont est bien loin des discours des protecteurs des animaux !
Pourtant, le Führer était réputé pour aimer ses chiens, et notamment son berger allemand, Blondi. Mais il n’hésitait cependant pas à le frapper à coups de fouet ; ainsi Ian Kershaw écrivit-il : “avec ses chiens, comme avec tout être avec qui il entrait en contact, toute relation était fondée à la subordination au maître qu’il était”1.
S’il est vrai qu’il tentait d’éviter la viande, ce n’était pas par compassion, mais pour calmer son “estomac nerveux”, sur les conseils de son médecin. Ainsi en témoigne une lettre de 1911, dans laquelle il écrivait : “Je suis heureux de pouvoir vous informer que je me sens déjà beaucoup mieux […]. Ce n’était rien qu’un petit dérangement de l’estomac, et je tente de me soigner par un régime de fruits et de légumes”2.
Néanmoins, Hitler ne renonça jamais complètement à ses plats préférés de viande, notamment aux saucisses bavaroises, aux boulettes de foie et au gibier farci. La cuisinière Dione Lucas, qui a travaillé à Hambourg avant la seconde guerre mondiale, écrit dans la préface d’un de ses livres : “Je ne veux pas vous gâcher l’appétit pour les pigeonneaux farcis, mais cela vous intéressera peut-être de savoir que c’était un grand favori de M. Hitler, qui dînait souvent à l’hôtel”3.
De plus, dès son arrivée au pouvoir en 1933, Hitler s’empressa d’interdire les sociétés végétariennes en Allemagne ; il fît arrêter leurs chefs et fermer la rédaction du principal magazine végétarien publié à Francfort. Toutes les organisations végétariennes étaient interdites dans les territoires occupés 4.
Le mythe de l’ascétisme et du végétarisme d’Hitler fut principalement l’oeuvre du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, ainsi que le pense l’historien Robert Payne 5 :
“L’ascétisme de Hitler joua un rôle important dans l’image qu’il projetait sur l’Allemagne. Selon une légende à laquelle beaucoup croyaient, il ne fumait ni ne buvait, il ne mangeait pas non plus de viande et n’avait aucune liaison. La première affirmation seule était vraie. Il buvait de la bière et souvent du vin coupé d’eau, il aimait tout particulièrement les saucisses bavaroises et il avait une maîtresse, Eva Braun, qui vivait avec lui discrètement au Berghof – entre autres aventures discrètes avec des femmes. Son ascétisme était une fiction inventée par Goebbels pour faire croire au don total de sa personne, au contrôle qu’il exerçait sur lui, à la distance qui le séparait des autres hommes. En faisant publiquement étalage de son ascétisme, il pouvait prétendre être tout dévoué au service de son peuple”.
Enfin, Hitler se moquait ouvertement de Gandhi, convaincu qu’il était que la force prime sur tout le reste et que seuls les puissants méritent d’hériter de la terre ; il était méprisant envers toute forme de philosophie non-violente et végétarienne.
Enfin, cette dernière anecdote finira peut-être par rétablir la vérité ; Peter Sichrovsky raconte dans son livre Born guilty, children of nazi families (1988) :
“Pour éliminer tout ce qui pouvait en eux être faible ou gentil, certains membres des SS devaient élever un berger allemand pendant 12 semaines, puis étrangler le chiot devant un officier”.
Alors, Hitler, un ami des bêtes ? La comparaison me semble plus que douteuse…
1 Hitler, 1889-1936 : Hubris, Ian Kershaw, éd. Flammarion 1999
2 The heretic’s feast, a history of vegetarianism, Colin Spencer, Fourth Estate, 1990
3 http://en.wikipedia.org/wiki/Dione_Lucas (lien anglophone)
4 Un éternel Treblinka, Charles Patterson, éd. Calmann-Lévy, 2008.
5 The life and death of Adolf Hitler, Robert Payne, Praegner, 1973.
Désolé. Aucune donnée à ce jour.
« Il y aura toujours, forcément, quelqu’un pour vous rappeler qu’Hitler, lui aussi, était végétarien ! »
C’est effectivement une vieille ficelle qui est utilisée par les non végétariens pour évacuer leur propre mauvaise conscience au regard de leur pratiques alimentaires en usant de la culpabilité par association.
Tu es végétarien? -> Hitler était végétarien ->Tu es comme Hitler!
Le point Godwin est servi d’entrée! C’est évidemment fallacieux.
On peut répondre dans la même veine : Tu prends de l’aspirine? Hitler aussi prenait de l’aspirine!
J’ai remarqué le même type d’argument fallacieux pour culpabiliser le végétarien cette fois-ci : « Tu ne manges pas de viande au prétexte que etc. Sais-tu que les plantes elles aussi souffrent quand on les coupe? »
Ces deux réponses toutes prêtes révèlent bien que culpabilité et mauvaise conscience inconscientes sont à l’œuvre chez ceux que « dérangent » les végétariens.
C’est le fameux cri de la carotte dont nous parle Insolente Veggie
Sinon je n’avais jamais pensé à l’argument de l’aspirine, il faudra que j’essaye pour voir !
Je suis complètement d’accord avec toi sur le fond, je pense que les non-végétariens se déchargent de leur culpabilité en trouvant des arguments plus ou moins fallacieux afin d’essayer de nous faire culpabiliser à leur place…
Bonjour,
Par pure innocence j’aurais envie de répondre à » les plantes souffrent ! » : » Ah oui ? Penses-tu qu’elles vont aussi au paradis ? Crois-tu que nous devrions ériger des cimetières pour que leur âme repose en paix ? » Tant qu’à être ridicule…
Vous prenez tout ça bien trop au sérieux, c’est juste une façon de se moquer des végétariens, pas de les faire culpabiliser! Pour les plantes pareil, vous croyez vraiment qu’un non-végétarien croit à cet argument ? C’est juste pour charrier les veggies.
Il ne s’agit pas d’une décharge, on n’est pas honteux de manger de la viande, on l’apprécie même (ah les cuisses de canard confites, miam !). Ne croyez pas qu’on soit jaloux de votre choix, ou qu’on culpabilise, ce serait d’une naïveté touchante.
Il n y a pas de complot non-végétarien pour oppresser les végés, on s’en fout en fait, vous faites vos choix (ce que je respecte) nous les nôtres, ça va pas plus loin.
Bref, ce sont juste des blagues.
« vous faîtes vos choix (ce que je respecte) nous les nôtres »… sous-entendu : respectez-moi, même si je vais à l’encontre de vos convictions.
Ainsi, il faut respecter les meurtriers car s’ils ont choisis de tuer, ils respectent notre choix de ne pas le faire. Comme tout est beau et rose dans le monde des omnivores… Allez, encore une fois ils refusent le combat d’idée clair et net en invoquant ce coup-ci la grande tolérance. Chacun est libre de faire ce qu’il veut, alors ne va pas critiquer le meurtrier, le violeur, le tortionnaire, le tueur d’abattoir, car ils ne font que s’amuser, se faire plaisir, comme toi, petit végan lubrique, en avalant tes carottes.
Certes égorger un animal n’est pas comme tuer un homme. Ils crient et saignent pareillement, mais ce n’est pas pareil. 99 % des omnivores français n’auraient pas le cran d’égorger un agneau mais comme quelqu’un le fait pour eux, on mange et on ne se pose plus de questions. Quelle lâcheté !
J’ai effectivement remarqué que la plupart des mecs qui friment en mangeant de la viande sont des lâches. N’ayant pas le courage des vrais guerriers, ils s’imaginent qu’en ingérant la chair d’un animal tué en abattoir cela va faire d’eux de grands chasseurs ou des Hommes avec un grand H. Voilà une petite vérité qu’ils feraient bien de méditer longuement s’ils veulent se bâtir une âme solide.
TROFF:Votre choix consiste àfaire passer votre plaisir culinaire avant la souffrance et la vie des animaux .La viande est totalement inutile diététiquement à l’etre humain.prendre la vie des betes vous parait logique parce que c’est pas vous la victime!