Solutions locales pour un désordre global

solutionsLe titre de cet article est en fait le titre d’un documentaire que je vous recommande chaudement, que vous soyez ou non végétariens. Le DVD est sorti en novembre 2010, mais je n’ai pu le voir que récemment… Et le moins que l’on puisse dire est qu’il m’a pas mal retournée, puisque j’ai choisi de lui consacrer un article !

Une réalité dérangeante

Le film retrace l’histoire de la “révolution verte”, la grande réforme de l’agriculture qui a eu lieu dès après la seconde guerre mondiale. Révolution verte… Un joli terme qui tire son nom non pas d’une référence à la couleur phare de la nature et des écologistes de tous poils, mais plutôt à celle du dollar, comme le souligne Dominique Guillet, président fondateur de l’association Kokopelli.

Et il semblerait qu’il ait raison ; différents intervenants, agronomes, docteurs en microbiologie  ou en sciences économiques, physiciens, philosophes et j’en passe, relatent ainsi la folle histoire de la naissance des pesticides et engrais. On pourrait se croire dans un mauvais film catastrophe, et pourtant c’est bien de notre réalité dont il est question, de notre environnement direct.

Le téléspectateur apprend ainsi que les pesticides sont des restes de gaz moutarde reconvertis pour tuer non plus des hommes (du moins, pas de façon directe et avouée), mais des insectes considérés comme nuisibles, des plantes “indésirables”, et l’ensemble des organismes microbiologiques qui constituent la base de la chaine alimentaire terrestre ; que les engrais sont produits par ces mêmes industries, pour permettre aux cultures de pousser malgré tout sur un sol mort, vidé de toute la vie qu’il abritait et labouré jusqu’à l’argile.

blé_maladeIl découvre que les semences des plantes sont rigoureusement classées et brevetées par ces mêmes entreprises, qui en font un commerce exclusif grâce à la complaisance des gouvernements ; que ces semences en question ont été volontairement hybridées et affaiblies (les fameux hybrides F1) afin d’obliger les agriculteurs à racheter de nouvelles graines chaque année, puisque les semis ne reprennent plus en terre d’une année sur l’autre.

D’ailleurs, en France, il existe une liste nationale des semences autorisées ; toute personne cultivant une variété non inscrite sur la liste en question s’expose à une amende. De plus, le commerce des semences est rigoureusement règlementé ; ainsi, si votre pépé vous donne gracieusement quelques graines de son potager à repiquer dans le vôtre, vous êtres tous deux dans l’illégalité et, une fois encore, passibles d’une amende. Le GNIS1 veille.

En bref, des plantes trafiquées, qui ne parviennent à pousser sur un sol massacré par les herbicides et pesticides que grâce à des tonnes d’engrais chimiques déversés chaque année…

Des solutions existent

solutions-locales-desordre-globalFort heureusement, la réalisatrice Coline Serreau ne se contente pas dans ce film de dresser ce sombre portrait de l’agriculture moderne. Ayant parcouru le monde durant trois années, elle a ramené avec elle des solutions variées, qui ont toutes l’avantage d’être naturelles et écologiques.

L’agriculture biologique

Labourer superficiellement les champs ; les laisser en jachère entre deux cultures ; pailler les plants pour éviter que les mauvaises herbes ne les envahissent ; utiliser du fumier au lieu d’engrais chimiques… L’agriculture biologique est une alternative plus qu’intéressante !

Elle ne détruit pas les sols à la manière de l’agriculture dite “classique” ‘(comprendre “intensive”), et leur permet de se ressourcer grâce à des périodes de repos et de l’épandage de fumier. En outre, les produits issus de cette agriculture sont garantis 100% naturels, et donc sans risque pour la santé. Elle favorise une agriculture de proximité et contribue ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique.

Ainsi, les AMAP2 vous permettent de faire d’une pierre trois coups, si j’ose dire ; manger sainement, grâce à des agriculteurs locaux qui effectuent leur travail dans le respect de l’environnement.

L’autosuffisance alimentaire

C’est le cheval de bataille de l’association Kokopelli3, qui milite également pour la “libérer la semence et l’humus”. Que chacun puisse produire sa nourriture, même (et surtout !) à partir de graines “libres” et non brevetées par les grandes industries, afin d’échapper au diktat qu’elles tentent de nous imposer depuis plus de soixante ans…

tomatesLe stock alimentaire sur la planète est de 20 jours seulement. Aussi, on imagine l’ampleur de la catastrophe en cas de guerre ou, plus simplement, de nouveau krach boursier.

De plus, saviez-vous qu’il existe plusieurs milliers de variétés de tomates à travers le monde ? Que certaines d’entre elles, comme les tomates roses-violettes, peuvent peser jusqu’à 1kg ? Et que l’on ne trouve que 430 d’entre elles dans le catalogue français ? Enfin, combien de variétés différentes avez-vous déjà pu acheter et gouter, en tout et pour tout ?…

Le boycott

Arme clef du consommateur moderne que nous sommes tous plus ou moins, le boycott constitue l’une des meilleures solutions pour faire entendre notre ras-le-bol. En effet, une entreprise qui ne trouve pas d’acheteur est vouée, inexorablement, à sa perte. Pourtant, le géant des OGM Monsanto ne connait pas la crise… De la même façon, pourquoi les agriculteurs cesserait-ils d’utiliser des milliers de tonnes de produits chimiques chaque année, puisque la majorité d’entre nous se complaisent à les manger ?!

En résumé

Il est difficile de résumer la totalité de ce documentaire en seul article ! J’aurais aimé reprendre ici davantage des phrases qui m’ont marquée, mais je pense que toutes mes explications ne vaudront jamais le travail original de Coline Serreau.

Un petit tour sur le site officiel du film ?

1 Groupement National Interprofessionnel des Semences et Plants

2 Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne

3 http://www.kokopelli.asso.fr/

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3 CommentairesLaisser un commentaire »
  • 5 février 2011 Répondre
    Caroline dit:

    Je ne crois pas que vous soyiez dans l’illégalité si votre grand-père vous donne des semences illicites. Comme vous l’avez dit, c’est le commerce des semences non enregistrées qui est interdit. Ce qui serait illégal serait de revendre les légumes que vous avez cultivés à partir de ces semences.
    C’est sur cette ambiguïté que joue Semences Paysannes : il est interdit de faire du commerce à partir de graines non enregistrées, mais l’échange est permis (puisque par définition, les grands semenciers qui font ou non autoriser les graines commencent par s’échanger et sélectionner des semences non encore enregistrées).
    En clair, vous pouvez acheter des semences « illicites » en toute légalité tant que c’est pour votre potager et consommation personnels et que vous n’en faites pas un commerce.

    Ou alors, j’ai tout compris de travers la conférence d’un membre de Semences Paysannes que j’ai suivie l’autre jour (c’est possible… ).

  • 24 février 2011 Répondre
    Gwalibeth dit:

    La législation, ou l’art de jouer sur les mots !
    Je me rapelle bien que Kokopelli devait payer une amende pour une histoire de semence de pomme de terre « perdue » que l’asso avait finalement retrouvée… Mais je ne saurais dire si elle était commercialisée ou pas.

  • 1 mai 2012 Répondre
    Foire éco-bio d’Alsace #31 « Vegmundo, blog végétarien, végétalien et vegan ! dit:

    [...] et participera à plusieurs conférences ; en outre, trois de ses films seront projetés : Solutions locales pour un désordre global, La belle verte, et Saint Jacques… La [...]

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